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· 3 min de lecture

Le prix, toujours le prix.

Deux ans sans augmenter une seule prestation d'un euro, et pourquoi la richesse d'un travail ne se lit pas toujours sur la facture.

Illustration au trait : une poignée de main, et des ciseaux qui coupent la ficelle de l'étiquette de prix terracotta accrochée au poignet.

À chaque fois que je dis à mes potes combien je facture une prestation, j’ai le même retour : « Mais Vincent, avec ce que tu fais et tes connaissances, tu devrais faire payer beaucoup plus cher !! »

Parfois même, ce sont mes clients qui me le disent : « Mais vous êtes pas cher par rapport aux autres, comment ça se fait ? »

Et deux ans après avoir démarré mon entreprise, je n’ai jamais augmenté le prix d’une de mes prestations d’un euro.

Voilà pourquoi.

J’aurais pu travailler au chaud en tant que salarié pour une agence qui aurait facturé mon travail à mon client. J’ai préféré me mettre à mon compte pour travailler directement avec mes clients et proposer une prestation au prix juste, en limitant les coûts « de fonctionnement » de l’agence.

J’ai aussi basculé principalement mon activité vers la formation et la co-construction, car je ne veux pas faire croire à mes clients que ce que je fais est « irréalisable », donc « hors de prix ». Finalement, je leur apprends une nouvelle manière de travailler avec des outils exigeants à prendre en main, mais extrêmement grisants une fois que l’on sait les manipuler.

Je ne pense pas que l’intelligence artificielle doive encore creuser l’écart entre un prestataire et son client, comme à l’époque du développement pur.

Sinon, à quoi bon ?

Dans deux ans, on risque de retomber sur un modèle où le prestataire propose un travail obscur à un prix obscur, pour un client qui devra faire appel à lui dix fois par jour. Alors que, bien formé, il pourrait faire beaucoup de choses tout seul avec son LLM.

Et ça me fait bien marrer, car j’ai repris mes interventions à l’EM Lyon cette semaine et c’est ce que j’explique à mes étudiants dès le premier cours de vente.

Je ne vends pas mon service ou mon produit, je vends ma personne.

Je pratique un prix accessible car passer du temps avec mon client est ce qui m’habite. J’estime qu’il me paye autant pour la valeur de ce que je construis que pour la qualité de mon accompagnement et ma capacité à lui apporter des solutions justes, au prix correct.

Bien entendu, je pourrais parfois vendre beaucoup plus cher ma prestation.

Mais comme à l’époque où j’étais commercial dans l’optique, je m’attache avant tout à créer du lien et de la justesse avec mes clients.

S’il y a une chose que j’ai apprise depuis que je travaille, c’est que la richesse de son travail ne vient pas toujours des euros que l’on collecte à la fin du mois.

La richesse, selon moi, c’est de voir une relation client devenir un lien. De transformer une prestation à court terme en une relation durable, bienveillante et basée sur la confiance, voire une amitié.

C’est arriver sur la pointe des pieds au premier rendez-vous en ayant peur de rentrer dans la boutique, et finir cinq ans plus tard avec un client qui, finalement, ne nous a jamais lâchés.

Et ça, ça n’a pas de prix.

Je ne vends pas mon service ou mon produit, je vends ma personne.